Le Conseil fédéral a décidé d’accorder sans conditions un second milliard de francs au fond de cohésion européen. L’UE, toujours plus arrogante, y réagit en mettant la Suisse davantage sous pression tout en pratiquant le diktat. Fallait-il vraiment une nouvelle preuve de la naïveté du Conseil fédéral dans l’art de négocier ? Cette attitude de l’UE n’a pas attendu une seule heure pour s’exprimer après la déclaration du ministre suisse des affaires étrangères devant la presse parlementaire à Berne.

Les déclarations du ministre des affaires étrangères n’ont laissé aucun doute sur la volonté du Conseil fédéral d’accepter d’une part le calendrier fixé par l‘UE et, d’autre part, tout en mentionnant des avancées obtenus dans la négociation, de se déclarer prêt à verser volontairement 1,3 milliards de francs. De plus, les conseillers fédéraux issus du PS étaient chargés d’intervenir personnellement auprès des syndicats pour les inciter à assouplir leurs exigences en matière de protection des salaires et de la libre circulation des personnes. 

Réaction mot pour mot de l‘UE par le biais de sa porte-parole : « Les résultats doivent être atteints d’ici mi-octobre, ». L’UE a évoqué à plusieurs reprises le fait qu’elle était toujours prête à négocier dans les meilleurs termes. Toutefois, l’avancement des négociations sur certains points encore en suspend était l’élément déterminant. La porte-parole de l’UE précisait : « Ceux qui veulent commercer au sein du marché intérieur européen doivent s’en tenir aux règles ». Par règles, il faut bien sûr entendre celles de l’UE. 

 

Le spectacle pathétique donné par le Conseil fédéral

Concrètement, cela signifie que la Suisse doit reprendre à son compte l’ensemble du droit européen à venir au sein du Marché commun. Tribunal arbitral ou pas, la Cour de Justice de l’Union européenne intervient en dernière instance en cas de conflit portant sur l’application des lois. Ainsi, la Suisse pourrait être punie de sanctions si, par exemple et suite à une décision populaire lors d’un référendum, elle refusait d’appliquer une décision de la Cour de Justice de l’UE.

Le Conseil fédéral, négociateur maladroit et quelque peu naïf, s’efforce de gagner la bienveillance de l’Union Européenne en versant dans son obole des milliards de francs pour obtenir telle ou telle petite concession sur des questions de détail. L’UE, notre adversaire dans ce jeu de poker que sont les négociations, ne réagit pas positivement à ces gestes généreux. Bien au contraire, elle menace, dicte et exerce du chantage. C’est la réalité toute nue et non celle que nous présente le Conseil fédéral. Dès lors, une question se pose toujours plus sérieusement: combien de temps faut-il encore assister à ce spectacle pathétique donné par le Conseil fédéral ? Pour l’UE, le second versement du milliard de cohésion est considéré comme allant de soi. La preuve en listant son communiqué : « Nous considérons que le versement de cette somme est la conséquence naturelle de la participation suisse au marché intérieur européen».

 

Source: Beni Gafner, correspondant parlementaire de la Basler Zeitung (BaZ), édition du 29 septembre 2018.

            

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18.10.2018 | 1093 Aufrufe