Libérée des entraves bruxelloises

Theresa May, premier ministre de Grande-Bretagne, annonce des négociations avec Bruxelles dans le but de détacher rapidement et complètement la Grande-Bretagne des institutions de l'Union européenne (UE): le "Brexit" sera rigoureusement appliqué.

L'écho médiatique à cette annonce ne s'est pas fait attendre longtemps. Comme de coutume, ce fut partout la même chanson: Londres regrettera très vite sa décision; Londres coupe la branche sur laquelle est assise la Grande-Bretagne; en faisant cavalier seul, la Grande-Bretagne entame sa déchéance économique; ce sera la fin de la prospérité britannique.

Un écho avec une grosse lacune

Cet écho bruyant, parfois même strident présentait toutefois une grosse lacune: ces prophètes de malheur ont le plus souvent passé soigneusement sous silence le développement économique de la Grande-Bretagne depuis le Brexit. Il est pourtant remarquable.

A la suite du Brexit, la Grande-Bretagne a connu durant la seconde moitié de l'année 2016 une croissance économique exceptionnelle au niveau mondial. Le grave effondrement économique qui avait été prédit à la Grande-Bretagne au cas où une majorité se prononçait pour le Brexit n'a absolument pas eu lieu. Le Brexit semble au contraire avoir libéré l'économie britannique. Les responsables des entreprises britanniques paraissent avoir exploité avec succès cette nouvelle liberté. Le quotidien "Times" a commenté le 6 janvier dernier les derniers chiffres sur la situation économique de la Grande Bretagne dans les termes suivants:

«Britain ended last year as the strongest of the world’s advanced economies with growth accelerating in six months after the Brexit vote.»

La Grande-Bretagne affiche depuis le Brexit la croissance économique la plus élevée parmi tous les pays industrialisés du monde. Tous les augures de malheur inféodés à Bruxelles devront revoir de fond en comble leurs chiffres qui ne datent pourtant que de six mois!

Annonce explosive

Theresa May, premier ministre de Grande Bretagne, a ajouté à ces chiffres réjouissants une annonce qui a fait sursauter, voire qui a fait peur dans certains milieux: la place financière londonienne profitera elle aussi de la liberté retrouvée. Libérée de la surveillance bureaucratique des fonctionnaires financiers bruxellois, la place financière de Londres, qui a toujours fondé son succès sur le libéralisme, deviendra plus attractive. Il semble que cette annonce ait suscité passablement d'effroi à Francfort dans les bureaux de Mario Draghi, apôtre de l'endettement public.

Exploiter la liberté retrouvée, c'est accélérer sur la voie du succès – voilà la perspective que Theresa May offre à l'économie et à la place financière de son pays.

Et la Suisse?

Son message devrait logiquement aussi donner des ailes à l'économie suisse – à condition que les dirigeants économiques de ce pays parviennent à se libérer du joug fonctionnaires du SECO et des bureaucrates de l'association économiesuisse alignés sur les vues de l'administration fédérale. Theresa May a annoncé qu'elle chercherait à conclure avec l'UE un accord de libre-échange. La Suisse en possède déjà un. Cet accord peut donc servir de base à des échanges fructueux entre les deux parties sans immixtion politique, sans surrèglementation imposée par les adeptes du centralisme. Un très ancien souhait de la Suisse (même s'il n'est pas exactement celui de l'administration fédérale actuelle) devient donc la principale revendication des Britanniques à l'égard de Bruxelles.

Ni le rattachement, ni la soumission n'encouragent l'économie. Libre-échange, voilà la recette du succès. Il suffit de l'appliquer – non seulement à Londres, mais aussi à Berne!

us

19.01.2017 | 22938 Aufrufe